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(im)mobile

Ô toi, voyageur immobile,
franchis les frontières de pays fous,
vole par dessus les cols, les vallées, les forêts.

Tu tiens ton livre serré contre toi quand tes yeux ne le parcours pas.
Tu te tiens droit dans le métro, le bus ou dans ton lit.

Seul, tu ne l’es jamais mais quand tes draps sont trop froids pour se rappeler de corps étrangers et amis, alors tu repars.

Tu chevauches, tu traverses.
Puis-je un jour avoir la chance de te croiser.
Non pas ici, là-bas, là où tu seras entre deux pages.

Nous voyagerons ensemble comme dans une chanson d’Ane Brun,
ton sourire fera écho à celui de la montagne, du vent et des paysages que nos yeux auront fabriqués.

Ô toi, voyageur immobile,
quand le livre se refermera, nous y resterons peut-être.
Une nuit ou deux.

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RW 1951-2014

J’aurais voulu lui écrire une lettre, lui dire à quel point son rôle du Professeur Keating avait bouleversé ma vie. A quel point, son jeu d’acteur avait habité ses personnages. De Lambeau à Parrish.

Je lui aurais parlé de Thoreau, d’Emerson et de Whitman.

Je lui aurais dit qu’il a fait de moi un transcendantaliste et quelqu’un qui a de nombreuses fois “sound his barbaric yawp over the rooftops of the world”.

Merci Robin, tu as été drôle, tu as été grave, tu as été si vivant.
Oh Captain, My Captain.
Je pleurerais pour toi aujourd’hui.

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Entre

La fragilité, celle qu’on prend en pleine face, qui vous éclabousse et vous touche. Puis la chaleur, d’une force intérieure ignorée, d’une incroyable envie de vivre drapée dans le désespoir.

Elle se déplaçait chez moi comme si elle volait.
En fait, elle volait sûrement.

Un peu de tout, de moi, d’espace, de temps.

Elle m’a regardé, peut-être qu’elle riait ou qu’elle me désirait.
Peut-être qu’elle riait de me désirer ?

Je n’ai rien su tout de suite.
Mais je me demande encore si je n’ai pas tout compris à l’instant.

Elle a délié ses mains, les a posées sur ma nuque.
La grâce elle-même aurait été plus empruntée.

Le silence s’est tu.

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Sortons

Je n’ai pas sommeil.
Je veux entendre les gens rires dans la rue, le vrombissement des voitures, les poissonniers qui vendent la mer.

Je n’ai pas sommeil.
Je veux sentir le soleil caresser ma tête, le cliquetis des chaussures sur le macadam, le doux ronronnement des pas.

Je n’ai pas sommeil.
Pourquoi voudrais-tu que je dorme quand il y a la vie qui bat, qui pulse, qui envahit l’esprit ?
Etre vivant c’est quelque chose, et il y a tant de choses à voir.

Moi aussi, ma fille, je n’ai plus sommeil.
Comme je te comprends.

Allons marcher un peu.

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…alors nous l’avons été.

…alors nous l’avons été.

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