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Entre

La fragilité, celle qu’on prend en pleine face, qui vous éclabousse et vous touche. Puis la chaleur, d’une force intérieure ignorée, d’une incroyable envie de vivre drapée dans le désespoir.

Elle se déplaçait chez moi comme si elle volait.
En fait, elle volait sûrement.

Un peu de tout, de moi, d’espace, de temps.

Elle m’a regardé, peut-être qu’elle riait ou qu’elle me désirait.
Peut-être qu’elle riait de me désirer ?

Je n’ai rien su tout de suite.
Mais je me demande encore si je n’ai pas tout compris à l’instant.

Elle a délié ses mains, les a posées sur ma nuque.
La grâce elle-même aurait été plus empruntée.

Le silence s’est tu.

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Sortons

Je n’ai pas sommeil.
Je veux entendre les gens rires dans la rue, le vrombissement des voitures, les poissonniers qui vendent la mer.

Je n’ai pas sommeil.
Je veux sentir le soleil caresser ma tête, le cliquetis des chaussures sur le macadam, le doux ronronnement des pas.

Je n’ai pas sommeil.
Pourquoi voudrais-tu que je dorme quand il y a la vie qui bat, qui pulse, qui envahit l’esprit ?
Etre vivant c’est quelque chose, et il y a tant de choses à voir.

Moi aussi, ma fille, je n’ai plus sommeil.
Comme je te comprends.

Allons marcher un peu.

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…alors nous l’avons été.

…alors nous l’avons été.

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La chute

Ce serait comme se tuer à la tache,
se hacher à la hache,
et tomber à la tombée de la nuit,
quand l’horizon vient à nous alors que l’on dirait que l’on vient à lui.

Ce serait comme partir quand on voudrait rester,
ne plus faire l’effort alors qu’il n’en reste qu’un,
ne plus respirer alors que l’air devient pur,
quand le ciel tombe sur nous alors que l’on dirait que l’on monte à lui.

Dans ces moments là,
pense à moi,
pense à nous.

Dis-toi que si tu ne crois plus en rien,
d’autres y croient pour toi.
Tu es une bougie 
vacillante, soufflée par la brise,
je suis celui qui possède le feu.

Dans ces moments là,
ferme les yeux,
plus rien n’a d’importance.

Que l’amour que je te porte.

 

[Bande son : Dustin O’Halloran - Opus 26]

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Ne plus savoir s’exprimer

Parfois les mots manquent pour dire que l’on aime. On exprime, on répète, on essaye de transformer quelque chose d’immense en syllabes mais finalement tout est déformé, banalisé, vidé de l’importance que cela revêt vraiment.

Dire que l’on a besoin de l’autre pour respirer, dire que l’on a besoin de serrer sa main, même et surtout lorsque tout va bien, dire que cet autre est devenu celui qui nous rend vivant, animé et unique.

Peut-être les écrits resteront ?
Je veux dire “les mots des pauvres gens”.

Donne moi ta main.
Fais attention à toi.
Tu es belle quand tu souris.
J’ai hâte d’être avec toi.
Reviens vite.

Je t’aime, tu sais ?
Tant.

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