Top ↑ | Visitez Charden.fr


Demain je verrai

Demain je verrai le soleil se lever.
Du haut de mes remparts, je verrai ce qui est blanc de ce qui est noir.
Je ne laisserai plus les innocents coupables venir ternir jeunesse et mémoire.

Demain je verrai le soleil se lever.
Il sera flamboyant et froid, je verrai la route et sa difficile sinuosité.
Je ne laisserai plus personne me dire comment je dois réconforter l’agneau et le chien.

Demain je verrai le soleil se lever.
Et le jour sera nouveau.
Parce qu’à la gentillesse sera substituée la justesse.

L’amour, jeune lecteur, ce n’est pas faire le bien que l’on pense.
C’est s’oublier un instant pour qu’en étant l’autre, on puisse aimer et s’aimer enfin comme on le mérite.

Commentaires

Toi, moi et Broadway

Griffonner des bouts de textes sur une feuille, traduire de l’anglais pour le faire sonner dans une autre langue, s’essayer à chanter ces chansons trop hautes, les entendre qui tintent juste, poursuivre…

Travailler sur l’adaptation d’une comédie musicale de Broadway a été quelque chose de prenant, de passionnant et de plein. Pour peu que la musique représente pour soi de l’émotion et de l’énergie.

Aujourd’hui, de nombreux mois après et beaucoup de travail après, c’est la fierté de voir quelque chose que l’on a écrit, des chansons que l’on a adaptées et “fait vivre”, dans une grande salle parisienne.

Le “Full Monty” est une comédie musicale impressionnante : 3h de spectacle, plus de 17 décors, tout autant de comédien(ne)s et surtout du “live” à 1000% : chanteurs mais aussi orchestre.

“Mesdames, Messieurs, aucune bande son ne vous sera jouée ce soir.”

Cela peut paraître normal mais en France, c’est rarissime.

Avec beaucoup de sincérité dans la démarche, avec beaucoup de foi dans le show, comme un rêve de gamin qui se réalise, je vous recommande d’aller faire un tour au Comédia pour découvrir ce “Full Monty”.

Pas parce que j’ai eu la chance de travailler dessus avec des gens formidables, pas parce que les médias en auront parlé, pas par copinage ou sympathie pour ma personne, non.

Parce que cela devrait vous plaire.
Vous faire rire et vous rendre heureux.

Si au bout du spectacle, avec ses imperfections et son humanité assumée, nous arrivons à cela, ce sera notre jolie victoire.


Commentaires

Le train

Longtemps, ma jeunesse me donnait le fantasme du train.

Vous savez, celui d’une rencontre incroyable dans un wagon aux couleurs vives ; un coup d’oeil, une envie, le désir de connaître quelqu’un pour la durée unique et précieuse d’un seul voyage.

Alors on imagine un baiser volé au gré d’une discussion, des gestes interdits, cachés du regard des autres, entre deux voitures.
Cette pulsion adolescente était probablement celle d’une sexualité naissante mais aussi soif de découverte, d’aventures. Que tout peut être possible…

Quelques années après, le fantasme disparu, presque consommé, reste ce souvenir grisant de chercher quelqu’un du coin de l’oeil, chercher l’autre, le soupir et l’excitation, le temps d’un voyage, le temps d’un suspend, le temps.

Suspend le temps.

Commentaires

La dernière chose à oublier

On efface les textos de celui ou celle qui nous a quitté, on supprime nos conversations de messageries instantanées, on fait disparaître les photos, on ne voit peu ou plus les amis qui l’ont trop connu…
On se détague, on unfollow, on bloque.

Ca s’appelle passer à autre chose.
C’est un coup d’éponge sur un tableau.
Un moyen d’écrire de nouvelles choses dessus mais aussi d’oublier que l’on y avait écrit de belles choses avant.

Je ne sais pas faire cela.
Mieux.
Je ne veux pas faire cela.

Mon passé, mes bonheurs, mes erreurs, mes bêtises, mes folies, font partie de moi. Elles m’ont fait, m’ont détruit, m’ont rendu fou. De tristesse comme de joie.

C’est la dernière chose que je veux qu’on m’enlève, la dernière chose que je veux effacer.
Les souvenirs, les traces, tous les moyens qui me permettront dans 50 ans de dire “je l’ai vécu, j’étais là”.

Les gens oblitèrent ce qu’ils estiment être des échecs pour ne conserver qu’une vision positive altérée de leur parcours.
Je veux tout.

Mes échecs sont la preuve que j’ai aimé plus qu’il ne m’était permis.

Commentaires

Huit ans

Je ne sais pas ce qui me fascine autant avec la neige.
Peut-être la couleur blanche qui m’a toujours habillé comme une ombre, le son qui recouvre la ville et m’inspire ?

A moins que ce ne soit un peu de mon enfance, encore tellement présente, quand je vivais et allais à l’école dans les Alpes… comme un Heïdi parisien.

Les rues se couvrent et je croise tantôt des ronchons, râlant à l’idée de glisser, de salir leurs chaussures, tantôt des adultes qui sourient enfin, retrouvant un instant leur âme d’enfant, le regard rempli de légendaires batailles de boules de neige.

image

La neige des grandes villes est un révélateur de ce qui reste encore un peu en nous, ce qui n’est pas encore mort, pas encore lassé et pas encore vieux.

C’est peut-être ça qui me fascine, d’avoir encore huit ans. 

Commentaires