1. Le doux réveil

    A force de rembarrer des filles, de ne pas t’avoir rencontrée, de jeter au bout du compte tout ce qui m’approchait de trop près, je me sentais seul.

    Le soir avait tourné, comme la terre ou un lait trop longtemps au frigo et j’avais besoin de dormir sans en avoir l’envie.

    Quelques clics sur mon ordinateur, quelques bribes virtuelles, même pas envie de regarder du porn. Même pas pour se détendre, même pas pour penser à autre chose.

    J’avais des images d’elle.
    Elles faisaient comme la neige à la télé lorsqu’il n’y a plus de programme ou que notre téléviseur est mal réglé.
    Avec ce son si particulier.
    Ma tête était un kaleïdoscope, où défilait entre sourires et larmes, ce que j’étais, ce que je voulais être et mes fantasmes.

    Les gens ont des rêves compliqués.
    Des rêves mécaniques qui fuient quand on les réalise et se matérialisent en d’autres désirs, faits pour qu’on oublie et délaisse les premiers.
    Les miens sont limpides mais leur eau ne coule plus.

    On m’a raconté des histoires de sages, de montagnes à gravir et de source éternelle. J’ai dû finir par y croire. Et vouloir y boire.

    Les gens ont des rêves compliqués mais les miens sont pathétiquement simples. Boire de l’eau pure et fraîche et m’endormir avec ce goût dans la bouche.

    Ce sera sur ton sein, ou sur ton ventre.
    Ce sera avec ton sourire.
    Et je ne me réveillerai que si tu es le soleil qui se lève.



  2. Demain ? Rien.

    La grande question de notre époque c’est qu’il va bien falloir arrêter le capitalisme galopant, destructeur et ubuesque.

    Mais personne ne sait ce qu’on peut mettre à la place.



  3. Ne compte pas sur moi pour abandonner.

    Ne compte pas sur moi pour abandonner.



  4. Jusqu’à ce que l’amour

    Nous sommes abîmés.
    On plaisante, on passe le temps, on sort, on boit.
    On se perd avec insouciance en virtualité, on reste seul, on rigole avec nos amis.
    On fait semblant ?

    Tandis que chacun trouve son chat, nos pages semblent de plus en plus lourdes.
    Des pages de vie à tourner, rigides comme l’acier.

    Et quand dans le noir d’un plafond, que l’on regarde sans pouvoir s’endormir, nous avons l’impression terrible que Lui ou Elle pourrait enfin nous faire oublier l’Autre, changer le scénario déjà vu et revu, on est étreint par la peur.
    Celle qui prend au ventre, la viscérale, celle des questions qui s’accrochent comme des toiles d’araignée au passé.

    Pourtant, crois moi, un jour la Reine et le Roi convoleront en justes noces.

    En attendant les voilà parmi leur cour, leurs soupirants, leurs idolâtres, ceux qui les rendent beaux par le reflet dans leurs yeux. Jusqu’à quand ?

    Jusqu’à ce que l’amour les répare.



  5. Mon métier

    Je suis tisseur de fils invisibles.

    Vous pouvez vous moquer mais c’est un beau métier, plein de richesse et de don de soi.
    Tisser des fils invisibles c’est aimer, garder près du coeur les gens qui s’en vont, c’est aussi attraper ceux qui ne vous voient pas encore ou rattraper ceux qui ne vous voient plus.
    Tisser des fils invisibles c’est jouer de la musique avec l’espace-temps, tordre un peu le destin pour le ramener vers vous.
    Tisser des fils invisibles c’est choisir plutôt que subir.

    Alors, dans les moments de doute, quand le métier est trop dur, il m’arrive d’avoir l’impression que je suis aussi invisible que mes fils, cela me fait souffrir.

    Mais je continue de tisser.





Si vous avez croisé mon Mii , bienvenue :)

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