Je suis tisseur de fils invisibles.

Vous pouvez vous moquer mais c’est un beau métier, plein de richesse et de don de soi.
Tisser des fils invisibles c’est aimer, garder près du coeur les gens qui s’en vont, c’est aussi attraper ceux qui ne vous voient pas encore ou rattraper ceux qui ne vous voient plus.
Tisser des fils invisibles c’est jouer de la musique avec l’espace-temps, tordre un peu le destin pour le ramener vers vous.
Tisser des fils invisibles c’est choisir plutôt que subir.

Alors, dans les moments de doute, quand le métier est trop dur, il m’arrive d’avoir l’impression que je suis aussi invisible que mes fils, cela me fait souffrir.

Mais je continue de tisser.