Nous sommes abîmés.
On plaisante, on passe le temps, on sort, on boit.
On se perd avec insouciance en virtualité, on reste seul, on rigole avec nos amis.
On fait semblant ?

Tandis que chacun trouve son chat, nos pages semblent de plus en plus lourdes.
Des pages de vie à tourner, rigides comme l’acier.

Et quand dans le noir d’un plafond, que l’on regarde sans pouvoir s’endormir, nous avons l’impression terrible que Lui ou Elle pourrait enfin nous faire oublier l’Autre, changer le scénario déjà vu et revu, on est étreint par la peur.
Celle qui prend au ventre, la viscérale, celle des questions qui s’accrochent comme des toiles d’araignée au passé.

Pourtant, crois moi, un jour la Reine et le Roi convoleront en justes noces.

En attendant les voilà parmi leur cour, leurs soupirants, leurs idolâtres, ceux qui les rendent beaux par le reflet dans leurs yeux. Jusqu’à quand ?

Jusqu’à ce que l’amour les répare.