A force de rembarrer des filles, de ne pas t’avoir rencontrée, de jeter au bout du compte tout ce qui m’approchait de trop près, je me sentais seul.
Le soir avait tourné, comme la terre ou un lait trop longtemps au frigo et j’avais besoin de dormir sans en avoir l’envie.
Quelques clics sur mon ordinateur, quelques bribes virtuelles, même pas envie de regarder du porn. Même pas pour se détendre, même pas pour penser à autre chose.
J’avais des images d’elle.
Elles faisaient comme la neige à la télé lorsqu’il n’y a plus de programme ou que notre téléviseur est mal réglé.
Avec ce son si particulier.
Ma tête était un kaleïdoscope, où défilait entre sourires et larmes, ce que j’étais, ce que je voulais être et mes fantasmes.
Les gens ont des rêves compliqués.
Des rêves mécaniques qui fuient quand on les réalise et se matérialisent en d’autres désirs, faits pour qu’on oublie et délaisse les premiers.
Les miens sont limpides mais leur eau ne coule plus.
On m’a raconté des histoires de sages, de montagnes à gravir et de source éternelle. J’ai dû finir par y croire. Et vouloir y boire.
Les gens ont des rêves compliqués mais les miens sont pathétiquement simples. Boire de l’eau pure et fraîche et m’endormir avec ce goût dans la bouche.
Ce sera sur ton sein, ou sur ton ventre.
Ce sera avec ton sourire.
Et je ne me réveillerai que si tu es le soleil qui se lève.