En ces temps troubles et troublés, je voulais déclamer mon amour pour la modération. Cet art qui consiste à mesurer les choses pour en trouver un juste milieu, cette philosophie qui recherche et affine le ni trop peu, ni trop plein.
Pourtant cette position connait une bien mauvaise presse : pour les pros fanatisés, être modéré ce serait comme être “contre”, “si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi”. Pour les antis, être modéré c’est déjà être collabo, déjà accepter de ne pas refuser.
Pris en tenaille à droite comme à gauche, le modéré finit par passer pour celui qui n’a pas choisi, le lâche ou le sans conviction. Elle est là la difficulté de la Voie du Milieu.
Et que les énervés en bleu restent dos-à-dos avec les fanatiques en rouge, je resterais là, tenant mon drapeau moucheté.
Ma liberté c’est de choisir d’être pondéré en chaque chose.
Mon bonheur fleurit déjà sous le cri de vos indignations.
Je fais le silence.