Est-ce normal d’avoir peur des carrefours ?
Des moments où l’on quitte une route rectiligne pour choisir la sienne ?
Est-ce normal de devoir se pincer qu’à avoir tant voulu tourner la roue, elle tourne enfin ?

Ce moment s’appelle “presque”.
Car tout y est… presque.

Le rêve à portée de main. Presque.
La vie qu’on avait vue nous passer sous le nez. Presque.
Les envies qu’on avait refoulées. Presque.
Son sourire et ses yeux.

Alors on écrase une larme.
On ne sait pas bien si c’est de joie, de surprise ou d’incrédulité.

Si loin si proche, on est presque quelqu’un.
Enfin.

Et un jour, avec un peu de chance, ne plus être “presque” mais être, tout court.