Ma vie est une fractale.
Elle se dessine en magnifiques courbes escarpées, saillantes jusqu’au sang, pleines d’une adrénaline sans fin.

J’ai choisi de vivre, il y a longtemps déjà.
J’ai renouvelé mes voeux il y a deux ans environ.

Alors, accroché au mat du bateau, il tangue et danse avec les vagues.
Le mal de mer ne m’habite pas, je flirte avec l’équilibre et mes larmes se confondent avec l’embrun.

Là, au milieu d’un calme bruyant, d’une accalmie furieuse, j’ai goûté au chant de la sirène. Elle n’était pas seulement belle, elle était désirable par ce qu’elle avait de chimérique. Un rêve en queue de poisson, des yeux profonds comme des espoirs abyssaux.

J’ai plongé.
Ma fractale se poursuivant comme une fosse sous marine, le souffle gardé, prêt à retenir cet air un milliers d’années s’il le faut.

J’irai à Mu ou à R’lyeh.
Que m’importe, puisque le secret des Dieux est déjà auprès de moi.