Elle a beau s’insinuer dans les godasses, sous forme de bouillie froide et mouillée, elle a beau noircir avec la pollution, la saleté et la ville, la neige m’émerveille.

Ca doit être un truc de gosse, une madeleine de Proust que j’ai oubliée mais qui fait toujours son effet.

Je vois les filles remonter leur col, les garçons serrer leur écharpe, je vois les passants tenter de ne pas glisser ou prendre un air dégoûté à mesure que la neige fondue inonde le bas de leur pantalon… J’ouvre grand la bouche pour manger les flocons, les attraper au vol.

Ca n’a pas beaucoup de goût ces Mister Freeze du ciel mais ça fait comme un tableau de coton.

Alors je ferme les yeux, et quand je les ouvre, je suis quelque part entre la Laponie et chez moi.