Parfois il y a des choses que l’on ne comprend pas, ou que l’on comprend trop tard.

J’ai pensé mille fois être en accord avec moi-même, j’ai pensé mille fois aller dans la direction qui me rendait heureux.

Mais si je suis quelqu’un au naturel heureux, à la facilité de joie de vivre, je n’avais pas vu que derrière des convictions profondes se cachaient aussi des peurs, se cachaient aussi l’abandon qui fut le mien plus tôt, la peur de ne plus être libre aussi, car sans liberté je me voyais trop fragile, trop exposé au mal que l’on pourrait me faire.

Pouvoir fuir, même si on ne fuit pas, reste le moyen le plus évident pour éviter que l’on vous blesse. Au cas où.

Et puis elle est arrivée.
Et j’ai compris.
Pas tout de suite, non.
Par le sort, par le côté funeste de chaque mot.
C’est le trésor caché, celui que vous trouvez derrière chaque défaite, derrière chaque douleur.

J’écris souvent ici des billets cryptés, des devinettes, des charades pour ceux que j’aime. Aujourd’hui il me semble n’avoir plus rien à cacher.

Je mets enfin en conformité mes paroles et mes actes.
J’éloigne les démons, je chasse la pollution.
Je pensais être le beau, je pensais être le juste, rien n’était conforme à mon dessein. A celui que je voulais être.

J’ai 37 ans, l’impression d’avoir attendu trop longtemps mais l’impression également que tout va pouvoir commencer maintenant.

Parfois il y a des choses que l’on ne comprend pas, ou que l’on comprend trop tard.

Il n’est pas trop tard.
Et l’arbre du temps va maintenant pouvoir m’apporter ses fruits.