D’aimer séduire à aimer tout court.
D’infidélités chroniques, même si elles ne furent souvent qu’esprit, à l’erreur de se perdre dans d’autres bras.
D’embrasser d’autres bouches à se maudire ou à s’oublier.
D’espérer trouver une certitude quand il n’y avait qu’impasse, de prendre sa honteuse témérité machiste pour de la fière immaturité insouciante.
Je fus polygame, polyamoureux et toujours poli.
A ne pas savoir dire non, à avoir la facilité de dire oui et au diable l’hygiène de son âme, le respect et même l’amour.
Puis au détour d’un pas trop loin, d’un coup du sort aussi épouvantable qu’heureux, je fus plongé dans un bain bouillant, la lave de mes profondes peurs.
Sorti de ma douche, dans mon habit neuf, illuminé comme un splendide fou, personne ne m’a cru, personne n’aurait pu me croire. Pas même moi.
C’est pour cela que, des mois plus tard, de défis en défis, de tentatives malheureuses en désespoirs de lit, j’ai pu me prouver, asseoir l’évidence à mes côtés et enfin sourire.
Je suis devenu monogame presque par erreur.
Pauvre hère découvrant que ni la joie, ni la liberté ne se trouvaient dans le multiple.
Que les apparences étaient trompeuses. Tout ce qui nous entourait nous mentait.
Divine rareté, j’ai mis genou à terre.
Alors, regardant les serrures de toutes ces portes, parfois closes, parfois entrouvertes, parfois béantes de drame et d’attente, je suis devenu monogame car je possédais une clé.
Une clé magnifique.