Le week-end arrive.
Une libération et une pause.
Comme l’on reprendrait son souffle, comme on partirait en vacances mais on ne part pas.
On reste avec notre coeur, en essayant de le cacher tant bien que mal.
Il prend de la place sous le pull, il est génant pour marcher, pour faire ses courses.

On essaye de le presser un peu, de le dégonfler en respirant par la bouche, en s’asseyant en tailleur au milieu du Shopi.
Il bat si fort le bougre, on ne pourrait pas prendre l’avion sans passer pour un terroriste. Il fait tic tac, boum boum, il tambourine comme un fou cherchant à s’échapper d’une pièce vide et close.

Le week-end arrive.
Et comme je voudrais le passer avec toi, je le passerai avec moi.
Je n’ouvrirai pas la bouche, non ; si c’est encore pour en sortir des inepties, des choses auxquelles personne ne croit. Si c’est pour être celui que l’on plaint.

Je suis le type qui brandit son panneau en carton sur lequel vous pouvez lire : la fin du monde est proche, repentez vous, mais je ne vous annonce pas la fin du monde.

Juste que je vous aime.