Nos traits seront tirés, par la fatigue, le temps ou par le vide.
Nos yeux seront moins joyeux, plus adultes et empreints d’une certaine mélancolie.
Nos coeurs seront abîmés, par la vie, par ses heurts, par le monde qui tourne.
Nos rêves seront moins bleus, plus réalistes, plus méfiants aussi.

Nous nous regarderons, à l’ombre d’un silence, à la faveur d’une seconde d’éternité et nous nous reconnaîtrons.

Tout le fleuve reviendra en son lit, toute la lumière viendra nous éblouir.
Nous nous demanderons si c’est un rêve, nous nous demanderons pourquoi.

Nous nous souviendrons qu’il était dit mais nous nous rappellerons que rien ne l’était vraiment.

Nous sourirons alors.
Un peu comme avant mais également comme jamais.

Nous serons prêts à être heureux.
Comme personne ne l’a jamais été.