Le train
Longtemps, ma jeunesse me donnait le fantasme du train.
Vous savez, celui d’une rencontre incroyable dans un wagon aux couleurs vives ; un coup d’oeil, une envie, le désir de connaître quelqu’un pour la durée unique et précieuse d’un seul voyage.
Alors on imagine un baiser volé au gré d’une discussion, des gestes interdits, cachés du regard des autres, entre deux voitures.
Cette pulsion adolescente était probablement celle d’une sexualité naissante mais aussi soif de découverte, d’aventures. Que tout peut être possible…
Quelques années après, le fantasme disparu, presque consommé, reste ce souvenir grisant de chercher quelqu’un du coin de l’oeil, chercher l’autre, le soupir et l’excitation, le temps d’un voyage, le temps d’un suspend, le temps.
Suspend le temps.