Elle a mis ses plus beaux sous-vêtements, du bleu pastel, de la dentelle mais ne s’est même pas pavanée avec… Elle s’est juste glissée dans les draps et a attendu.
Elle était belle, son teint clair, sa peau douce, l’odeur sucrée de son parfum discret, ses formes généreuses mais parfaitement harmonieuses, fines.
Elle a attendu, que pouvait-elle faire d’autre, mais aurait aimé provoquer des frissons, lui faire tout quitter, voler son attention et ne plus avoir besoin de parler.
Elle aurait aimé être comme une danseuse sur laquelle la poursuite s’arrête, rendre fous ses sens comme son sexe.
Lui ne bouge pas, il aurait presque l’air triste ou concentré, ou les deux.
Il est ici mais son coeur est ailleurs.
Il se demande s’il dort ou s’il s’est perdu, il se demande s’il bat encore.
Elle le regarde, il fait semblant de ne rien voir.
Il voudrait ne pas pleurer.
Il se déteste autant qu’elle l’aime.
Voilà. Elle finit par s’endormir.
Il attend cette échappée pour s’approcher enfin, sans avoir besoin de se justifier, de plonger ou de reculer. Il veut la voir respirer, sereine.
Il essuie une larme.
Une qui perle, qui ne coule même pas.
L’amour dort mais sa femme n’est pas dans son lit.