Je n’ai jamais connu mes parents ensemble.
Je ne les ai jamais connus en tant que couple.

Leur séparation, lorsque j’avais deux ans, m’a laissé l’impression que leur existence commune n’avait jamais existé, que c’était avant tout un phénomène télévisuel et médiatique avant d’être une réalité.

Distorsion de l’image.
Mes parents t’appartiennent, appartiennent à la culture populo française, tu comprends ?

Passé ma petite enfance, j’ai très peu vu mes parents sur scène.
Par flemme, parce qu’il ne s’agissait pas de ma tasse de thé musicale non plus ou par absence de concerts sur Paris. Ils tournaient et tournent beaucoup en province. Le parisianisme a depuis longtemps oublié qu’il existe des salles remplies et des publics fidèles sur le reste du territoire.

Alors les voir entrer sur scène, les voir se tenir la main, être là devant moi…

Un Palais des Congrès plein à craquer, presque debout, me rendre compte que le temps a passé, que mon père a la chevelure grise d’un vieil homme passionné, que ma mère est toujours animée de cette flamme dans les yeux.

Les voir heureux, les voir ensemble.

J’y ai cru, tu vois.
Pour un instant.
Pour un instant seulement.

Une larme a dû rouler sur ma joue droite.
Une larme stupide, une larme étrange.

Elle avait le goût du “fils de” surement trop gâté, mais elle avait quand même le goût de mon enfance.

Le show bizness est un drôle de monde, tu sais.
Un drôle de monde.