Nous.

On n’est plus à un foutage de gueule près puisque visiblement tout le monde gobe sa soupe quotidienne. Le “nouveau capitalisme” que l’on voit fleurir sur le pupitre de nos conférences européano-mondiales, ce terme que Sarkozy a eu grand plaisir à faire sonner dans sa bouche à Paris comme un remède miracle n’est que le reflet du vide intersidéral de solutions proposées.

Il n’y a pas plus de “nouveau capitalisme” que de nouveau communisme, nos systèmes échouent les uns après les autres et nos utopies déchues sont un danger pour l’espoir du peuple, sa foi en l’avenir et de fait, l’ordre public.

On invente donc des nouveaux ceci, des nouveaux cela pour rendre notre futur envisageable, c’est notre lubrifiant à nous.

Ah ils sont beaux les experts économiques, ils sont beaux les avides dont le ventre tue planète et habitants, ils sont beaux les donneurs de leçons en plein cours magistral de “comment sauver ma peau” (en sacrifiant plutôt celle de l’autre si cela est possible).

Ils auront sûrement gain de cause et moi tort.

La belle affaire que d’avoir raison, que d’avoir une belle villa sur un champ de ruines. Ils s’en foutent probablement.

Les brillants esprits me rétorqueront à juste titre que je n’ai qu’à proposer une alternative et qu’en dépit de cela, je ferais mieux de fermer ma gueule.

Mais on peut choisir de ne pas couler en silence.
Notre gueule, c’est tout ce qu’il nous reste.