Quand j’étais au collège, on se serait presque fait jeter des cailloux d’être “geek”, de passer ses journées devant l’ordinateur ou dans ses BD au lieu de sortir au bon air avec ses camarades, de passer plus de temps dans notre virtualité informatique ou rôlesque que dans le monde bien réel de nos parents.

Aujourd’hui être “geek” devient in.
Il est tendance de l’afficher.
Depuis que l’idée fait a son chemin que le monde appartient à cette génération étrange, que l’Internet a conquis chaque parcelle des quotidiens urbains, il faut en être.

Alors, on assiste à de curieux coming out, des gens qui vous déclarent être “geek” parce que, tu vois, ils ont un iPhone et ils ont téléchargé le dernier Dexter sur un torrent trop underground. Surfer sur MySpace, avoir un Skyblog ou mater Heroes en VO non sous-titrée suffit.

Mais être “geek”, les gars, n’est pas un plaisir et encore moins une mode, c’est un truc qu’on n’a pas choisi. C’est notre sous culture et elle n’a rien de forcement reluisante. Connaître par coeur les épisodes de Star Trek plutôt que l’intégrale d’Hugo n’est pas une fierté. Juste notre monde à nous.

On avait les nouveaux riches, on a les “nouveaux geeks”.
Mais c’est du coca light.

Demain, quand la hype sera passée, ils reprendront une activité normale.
Et nous, nous serons là, devant nos blogs, nos feeds, un réseau pluggé dans le bras.

Comme des cons.