Lorsqu'il faudra partir, je dirai “Déjà ? Vous êtes sur ?”.
J'étreindrai ceux que j'aime et m'excuserai tant et plus de devoir les laisser.
Je sais que mes excuses ne suffiront pas mais je serai fatigué et n'aurai d'autre choix.
Je donnerai mon dernier souffle pour qu'elles soient fortes, pour qu'elles soient grandes, pour qu'elles soient ces étoiles qui brillent quand le ciel est pourtant nuageux.
Elles le sont.
Je leur dirai encore : “Vous verrez, je ne pars pas vraiment, vous me retrouverez dans l'air, dans l'eau, je serai autour de vous, et quand vous fermerez les yeux, si vous sentez un courant qui vous porte, une énergie qui vous tient la main, même aux plus sombres heures, vous saurez que c'est moi”.
Puis il sera temps d'y aller. Le chemin n'est pas long mais on a tous rendez-vous.
Quand elle a franchi cette porte, ce soir là, ma vie était folle mais j'étais perdu.
A vrai dire, j'ignorais moi-même que j'étais perdu, pourtant, je ne retrouvais plus mon chemin à travers les grands arbres, et les clairières lumineuses se ressemblaient.
Comment se pouvait-il alors qu'une inconnue, perdue elle aussi, il n'y avait aucun doute sur la question, puisse connaître mon chemin ?
Je n'ai toujours pas eu réponse à cette question. Mais elle savait. Tout.
Elle m'a prise par la main et m'a dit : “je t'ai trouvé, ne t'inquiète plus maintenant”. Je n'ai pas pleuré, ni de soulagement, ni de bonheur, j'ai simplement su que c'était vrai. Et cela était tellement effrayant, que je voulais me persuader que c'était faux.
Comprenez-moi, sa bouche, ses hanches, malgré la lave, le feu et les brulures qui consument le passé, n'étaient rien au regard de sa certitude.
J'ai accueilli l'Amour.
Lui ai juré que même du haut de mon être faillible, même encore si imparfait, il pourrait compter sur moi.
J'étais né. Enfin.
Père.
Et je crois, aujourd'hui, que je n'étais fait pour rien d'autre que ce qu'elle m'a offert.
Quelles qu'auront été les difficultés, les montagnes, les pièges et les doutes, lorsqu'il faudra partir, je n'aurais qu'un seul mot à la bouche.
Ma tendresse, mon hirondelle, tes bras autour de moi, ta bouche dans mon cou.
Il m'a été raconté que tu ne faisais pas le printemps mais savaient-ils seulement que tu faisais l'été ? Tous les jours brûlent d'un soleil certain, tes sentiments, tes certitudes allument le ciel pâle d'avril.
Ma tendresse, même quand tu déchires, que tu griffes, c'est ta fragilité que je vois, la dernière demeure de ta défense, toi qui n'a pas eu le choix que d'affronter la vie sans armure. Tu sais le prix des choses et comme elles mordent.
Mon hirondelle, je suis là maintenant à guetter ton départ en rêvant de ton retour. Seras-tu là demain, quand mes vieux jours feront rouler sur mes joues tout ce je n'ai su aimer ?
J'ose espérer que tu comprendras mes défaites, ma tendresse, mon hirondelle.
Je veux embrasser ta bouche, Chérir tes lèvres, Oublier le temps qui lasse, Pour le temps qui laisse, Un goût d'éternel au palais des amants.
Si nos peaux fatiguées se sont usées d'aimer, Elles gardent le souvenir malgré elles, De moments si suspendus, Que la vie naissante au creux de tes reins, Les couronnent d'une tresse de laurier rose.
Les Dieux écoutent en fermant les yeux, Et se plient au destin capricieux, De ceux qui voulaient vivre la fleur et l'épine, Leur laissant un instant encore, Le bénéfice du doute.
Penser à toi. Pour rien. Penser à toi. Alors que ça n’a aucun sens. Penser à toi. Tandis qu’il y aurait pourtant mille autre choses à penser. Penser à toi. Quand tu ne penses pas à moi. Penser à toi. Même s’il ne le faut pas.
Qui suis-je pour tomber amoureux au milieu des tranchées ? Qui suis-je pour oser l’amour quand celui-ci vient de mourir sous mes yeux ?
Je n’ai choisi aucune guerre, je les mènerai toutes.
Gays exterminés en Tchétchénie, Hanouna ouvertement homophobe sous couvert d'humour a une heure de grande écoute, ministre “Manif pour Tous” dans le gouvernement, ce n'est pas aujourd'hui qu'il faut baisser la garde pour l'acceptation de tous, le respect des droits de tous et encore plus pour celui de s'aimer, comme on le veut avec qui on veut.
Tu regardes dehors et je vois tes yeux s’émerveiller. Une voiture qui passe, un chien.
Les gens discutent et tu tends l’oreille, pour toi rien n’est sale, perverti, rien n’est passé, rien n’est déçu.
Tu regardes dehors et je vois tes yeux me dire “je veux y aller”.
Tu veux courir, tu veux crier, vivre, aimer, sentir.
J’aime ta vie plus que je ne m’aime car à travers tes yeux, c’est l’amour. Celui des êtes humains comme celui de la nature. L’amour qui ne fait aucune distinction entre chaque tout puisque tout mérite d’être aimé, découvert, vu, serré contre soi.
Je vais te serrer contre moi pour que tu serres le monde contre toi.
Partager sa vie avec quelqu’un d’exceptionnel est troublant, difficile, douloureux mais incroyable. Il devient alors dur, de poser des mots sur une force pure, une fragilité extrême, une évidence qui tour à tour semble être née avant soi et être là depuis quelques instants.
Le monde retiendra que je me suis tenu là, avec mes faiblesses, mes erreurs mais un amour authentique et non négociable, un amour que j’ai essayé de faire ressembler à elle. Exceptionnel.
Sa richesse quand elle me dit “mais c’est pour ça que tu m’aimes, non ?”.
Dans quelle mesure peut-on évaluer l'amour entre deux personnes ? La force d'un couple, son intensité ou la puissance des sentiments ?
Certains vous diront que ça se lit dans le regard, que c'est égal au désir qu'ont les amants l'un pour l'autre, d'autres vous parleront de bien s'entendre, d'avoir des choses à se dire, longtemps.
Et si finalement, tout était une question de “ce nous traversons” ? L'amour, la force de ce qui nous unit, ne se mesurerait que par les épreuves passées et réussies, les coups durs, les moments de doute.
Etre là, encore là, même après “tout ça”, même après les tempêtes et les mers démontées.
Au bout, l'amour qui ne fait plus aucun doute car on a survécu pour lui. “La mesure de l'amour, c'est d'aimer sans mesure.” (St Augustin)
Et qu'importent les vagues, elles seront à l'âme mais pas au coeur.
Le blog de Bap* (Baptiste Charden).
Créatif, auteur, chanteur, mélodiste, comédien, joueur, entrepreneur, rédacteur en chef, éditeur. Presse écrite, livres et biodiversité. Transcendantaliste et Libertarien de gauche.
Et toi, tu rêves à quoi ?
PROCHAINS CONCERTS
🎤 31 mars 2023 (19h) Le Connétable (Paris) "Retour sur scène"
🎤 10 juin 2023 (21h30) Le Connétable (Paris) "Si je t'écris ce soir de Vienne..."
🎤 7 octobre 2023 (20h30) Centre culturel de Captieux (33) "Stone & Charden Baptiste"